Ma femme et moi avons mis de longs mois à accepter une interview de Paris-Match.
Ils tenaient absolument à parler de ce couple que dis-je ce tandem, ce team formidable que nous formons depuis si longtemps.
Sachant que beaucoup n’ont pas notre chance, nous avons finis par accepter car nous croyons profondément que tous le monde a droit au même bonheur que nous.
Il est toujours difficile de donner une définition.
Je dirai que notre amour est en quelque sorte un fleuve et aussi une mer. C’est le mouvement et aussi l’harmonie stationnaire, c’est le résultat de la qualité des êtres, c’est une ambition, un véritable travail qui demande de savoir scruter la routine !
Se renouveler est essentiel !
Aussi chaque fois que nous sentons poindre la lassitude, nous déménageons !
C’est ainsi que nous avons connu tout le pittoresque et la diversité de Paris : le Marais, la rue de Passy, st Germain des Prés, la Plaine Monceau !
Je n’hésite pas à dire que Clémentine me doit tout !
J’ai la faculté rare de devancer ses désirs, d’être si merveilleusement attentionné !
Il m’est arrivé d’abandonner quelques instants mon travail pour verser quelques gouttes d’huile d’Orchidées dans son bain et lui dire cette chose extraordinaire : « est-ce que c’est trop chaud ? »
Je me retrouve beaucoup en Clémentine, c’est une fée avec un sexe !
Elle sait être romantique même dans la boue !
Clémentine sait qu’en esthète, je suis ému par la beauté.
Etant moi-même très beau, c’est vrai que je suis attiré par des filles superbes !
Mais il y a un contrat de confiance entre nous !
On a vainement tenté de nous déstabiliser en publiant dans Voici une photo de moi dans une piscine !
Photo truquée bien sûr !
Amour de ma vie sait que jamais je n’aurais pus m’intéresser à cette chose vulgaire avec ses gros seins !
Je soupçonne certains de nos amis comédiens qui n’ont pas ce ciment qui nous porte.
Je les plains beaucoup !
Etre à l’écoute de l’autre, voilà ce qui leur manque.
Un jour, revenant de Milan ou elle était passée s’acheter une ceinture, Clémentine assistait à une de mes répétitions et a tout de suite vue que je n’étais pas satisfait de mon interprétation de ce Hamlet faisant son coming out dans un loft d’après une adaptation de Lorie !
Sachant que j’adore ça, elle m’a jeté un énorme bouquet de jonquilles.
Touché au plus profond de moi-même, j’ai laissé échappé cette phrase : « tu n’étais pas, je serais ailleurs »
Et j’ai ajouté juste après, parce qu’il ne faut jamais laisser traîner ces choses là : « Mais malgré tout je crois que je serais là quand même.
C’est beau, non ?
Notre grand désir, serait de jouer ensemble, mais depuis de nombreuses années, le cinéma français fait preuve d’une incroyable cécité à l’égard de Clémentine, la traitant de Mme « sans-gêne ».
Et pourtant elle n’est pas jalouse !
C’est vrai que quand j’ai reçu mon Molière ça l’a un peu agacée, mais très vite elle à reconnu l’enfant qui était là sur scène.
Elle a vu dans mes yeux cette innocence qui me pousse parfois à aller lui acheter une babiole place Vendôme en rollers !
Vous savez cette harmonie, ce petit quelque chose d’impalpable, nous le devons aussi au fait que nous aimons par-dessus tout les loisirs simples et authentiques !!
Je me souviens de cette plage déserte aux Seychelles ou nous écoutions une retransmission en direct de la « Flûte enchantée », Clémentine était allongée nue avec ses écouteurs et se laissait pénétrer par Wagner.
L’Inde nous a donné une grande leçon.
Ah ! La classe de toutes ces femmes, sans maquillages, sans dents, sans jambes parfois mais d’une élégance folle !
Ça force le respect !
Un jour que nous jetions un emballage de Mars dans la rue, elles se sont jetées dessus et l’ont aussitôt avalé !
Un souci de l’environnement qui nous a fait honte.
Notre engagement amoureux ne pourrait exister en dehors d’un choix politique et moral.
Quand Jospin est arrivé au pouvoir en 97, nous avons offert du caviar à toute la gauche qui s’est goinfrée !
Et quand Le Pen à été qualifié pour le 2e tour de la présidentielle, nous sommes entrés en résistance !
Après avoir embarqués quelques bibelots dans le 4/4, nous nous sommes enfermés dans notre datcha du Lubéron en donnant congé à Mamadou et Abdou laye
Je pense qu’il ne serait pas possible de surmonter de telles épreuves sans un amour aussi fort que le nôtre.
Pour sublimer cet amour, nous aimerions beaucoup avoir des enfants, mais je sens que je ne suis pas encore prêt !
Quant à Clémentine elle les aime trop pour en avoir à elle !
Il a bien sûr l’adoption, mais c’est inséparable d’un problème moral : c’est arracher un petit être à sa culture !
L’amour qui est peut il être un substitut à la culture qui n’est pas ?
Ah l’adoption, la Roumanie, la Colombie, l’Afrique ! Ah l’Afrique !!!
Tuesday, January 04, 2005
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